DYS MOI TOUT
  logo-dys-moi-tout

Voyage au long cours

Partage d'expérience de notre parcours


PREAMBULE

Nos deux derniers enfants sont dyslexiques. Bien sûr, cela ne fut pas décrété d'emblée. Pour arriver au diagnostic posé de dyslexie et dysorthographie, le parcours n'a pas été toujours simple. C'est à la maternelle que nous avons eu nos premières interrogations. Actuellement, même s'il reste encore beaucoup de travail dans ce domaine, la dyslexie est de plus en plus reconnue. Cela n'était pas forcément le cas à l'époque.

Ayant un parcours scolaire différent et afin de mieux les différencier, nous donnerons le prénom Arthus à l'un et Benjamin pour le dernier.


MATERNELLE



ARTHUS


Première alerte

Nous voilà tous émus, le troisième enfant de la famille fait son entrée à la maternelle.

Quelques semaines plus tard, premier constat de la maîtresse, dans l'exercice des cartes de présence, quelques enfants continuent à rencontrer des difficultés pour reconnaître leur prénom. Le nôtre est de ceux-là.

Psychothérapie préconisée

A la fin de cette première année, la maîtresse nous donne son point de vue : « le problème de votre enfant, nous dit-elle, c'est qu'il manque de confiance en lui. Ce serait bien qu'il soit aidé ».

Que ce soit chez la nounou, en crèche ou la maison, il a toujours été vif, joyeux et aucun signe ne nous avait alertés. Il est vrai qu'il montrait parfois un peu de timidité, mais de là à consulter... Néanmoins nous décidons de solliciter l'avis d'un professionnel. Un rendez-vous est pris à l'hôpital. Notre fils commence alors un suivi en psychothérapie qui durera deux ans.

Nous constaterons pour l'enfant suivant, cette propension à conseiller un suivi chez le psychothérapeute, dès les premières alertes.

Tout va bien

Notre bonhomme poursuit son petit chemin. D'autres signes nous interpellent. Nous relevons des erreurs de langage répétées comme : « ils sontaient » au lieu de, « ils étaient » (cette déformation perdurera jusqu'au CM1).

La consultation d'internet et la lecture de certains ouvrages nous amènent à penser que notre enfant pourrait avoir des troubles de l'apprentissage. Nous interrogeons régulièrement les maîtresses pour savoir si tout va bien, si elles ne remarquent rien de particulier. Non, non, rien à signaler.

En fait pas vraiment

Mais à la fin de la dernière année de maternelle, le constat n'est plus le même. On nous annonce que notre enfant rencontrera probablement en CP, des difficultés pour aborder la lecture.

Sans tarder, nous décidons de lui faire passer un bilan orthophonique. Dès l'entrée en CP, il débute une rééducation. Notre médecin de famille, se veut rassurant, « il ne fera pas des années d'orthophonie, c'est juste pour l'aider à démarrer ». Il aura deux séances par semaine jusqu'à ses dix-huit ans...

ANECDOTE

Etiquette de présence

En première année de maternelle, un mois après la rentrée, nous nous rendons à une réunion avec la maîtresse. Celle-ci informe les parents de diverses choses, dont un petit rituel matinal : dès leur arrivée, les enfants doivent choisir un carton au milieu d'autres et prendre celui marqué de leur prénom. Certains enfants, dont le nôtre, ne parviennent toujours pas à effectuer cet exercice.

Nous ne sommes pas trop inquiets. Il n'a même pas trois ans. Nous estimons qu'avec le temps, tout finira par se mettre en place. Mais, le savoir en situation d'échec tous les matins devant ces fameuses petites étiquettes, nous chagrine pour lui. Nous décidons donc de l'entraîner à la maison.

Après plusieurs jours, il ne reconnait toujours pas son prénom de six lettres. Alors, nous simplifions l'exercice en nous focalisant uniquement sur la première et dernière lettre du prénom. Ouf, cela a suffi pour débloquer la situation.

Nous commençons fort en maternelle… Cette approche de la lecture par la méthode globale, ne semble pas réussir à notre enfant. Elle nous réservera une étonnante découverte en CP.


BENJAMIN


Différent

Quant au petit dernier, enfant pétillant et curieux de tout, il ne semble pas rencontrer les mêmes problèmes que son frère. Ce n'est qu'en début de troisième année de maternelle que certains signes deviennent plus évidents : il forme ses lettres et certains chiffres à l'envers, n'arrive pas à compter jusqu'à dix comme les autres enfants. Il ne sait jamais à quel moment de la journée nous sommes et, si un fait s'est déroulé hier ou aujourd'hui.

On en parle à l'orthophoniste. Elle nous conseille de ne faire un bilan qu'en fin de maternelle. Nous patientons et les résultats du premier bilan orthophonique ne sont pas trop inquiétants. Pourtant, quelques années plus tard, de ces deux enfants, il est celui dont la dyslexie sera évaluée comme "massive".

Comme pour son frère, nous commençons les séances d'orthophonie en début de CP. La scolarité de nos enfants semblait donc vouloir évoluer dans la difficulté. L'avenir ne le démentira pas.

ANECDOTE

Le taquin

Un jour, à la fête du cinquième anniversaire de notre petit dernier, un des petits invités nous raconte que la maîtresse est méchante, car elle jette les dessins de notre fils à la poubelle.

C'est enrichissant d'inviter les copains de classe à la maison. Dans le groupe, il y a toujours un grand bavard. Grâce à lui, on découvre quelquefois des petits éléments cachés ou oubliés par nos enfants.

Pour en savoir davantage, nous rencontrons la maîtresse.

Elle nous en explique la raison : elle estime que notre petit fait exprès d'écrire à l'envers ou en miroir les lettres de son prénom. Les jours où elle est trop irritée par cette situation, le dessin « volontairement » mal signé finit à la poubelle.

Taquin notre benjamin, surtout avec un prénom de trois lettres.



SI C'ETAIT A REFAIRE



Expertise

Chez nos deux derniers, la maternelle fut révélatrice de troubles. Nous nous sommes appuyés sur l'expertise des différentes maîtresses. Compte tenu de leur expérience et du temps passé quotidiennement avec les enfants, il est donc légitime de leur accorder une certaine crédibilité dans leur évaluation.

S'écouter

Pourtant, nous aurions peut-être dû nous écouter davantage et suivre nos impressions, à savoir, que nous pensions nos enfants potentiellement dyslexiques et réagir plus tôt. Même si cela n'est pas simple à évaluer - les symptômes de la dyslexie sont variables en fonction des enfants et certains arrivent à les compenser quelques temps - une rééducation commencée dès la maternelle aide beaucoup l'enfant pour le CP.

Agir tôt

En cas de simple retard, cela ne lui fera pas de mal et la rééducation s'arrêtera après la première série de séances. Dans le cas de troubles dys, c'est un accompagnement important qui pourra lui éviter la perte de confiance, le sentiment d'échec. Plus tôt on agit, meilleurs sont les résultats. Comme le conseille le docteur Pouhet, dès les premiers doutes, mettre une aide en place, avec l'orthophoniste, ...