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Primaire : CE1

J'aime la copomte

Au début du CE1, la maîtresse du plus grand pense qu'il est un peu paresseux. Elle nous avertit qu'il déforme les sons simples, confond les f/v, d/t, p/b, écrit copomte à la place de compote, joue avec sa trousse et range ses stylos au lieu de commencer son travail.

Nous l'informons qu'il va régulièrement chez l'orthophoniste. A l'annonce de sa dyslexie supposée, elle réagit très positivement. Nous arrivons à mettre en place un véritable échange. De notre côté, à la maison nous lui faisons régulièrement réviser les sujets les moins maîtrisés.

Quelques difficultés

Comme les mathématiques, où les problèmes restent un mystère insondable pour lui. Nous nous servons de petits logiciels ludiques, de Pic Bille. Sa lenteur est également pénalisante. Nous essayons de lui faire prendre conscience de la notion de temps lors de réalisation d'exercices en nous aidant d'une minuterie.

Quant à la lecture, nous avons toujours l'impression qu'il ne colle pas au texte. Des petits mots sont oubliés, modifiés. La terminaison des verbes change. Par contre, le sens s'avère compris même si un détail, une anecdote semblent retenir plus son attention que l'histoire.

L'enregistreur

Son point fort reste sa bonne mémoire. Elle lui permet d'apprendre très facilement certaines matières comme les poésies, les leçons d'histoire ou les tables de multiplication.

Le week-end, après la traditionnelle balade matinale en forêt, nous faisons réviser nos enfants sur les leçons vues la semaine, ils se « détendent » avec des applications comme Adibou. Les rubriques les plus ludiques et musicales sont le plus souvent sélectionnées.


Le benjamin

En CE1, le maître est résolument optimiste. Certes, il ne comprend pas comment une simple dictée à préparer de deux phrases peut être complètement ratée. Mais, il est rassurant. Il nous recommande de ne pas nous inquiéter, nous dit que tout viendra bien un jour. Un discours bienveillant qui nous change des précédentes déclarations. Nous acquiesçons en pensant qu'il va vraisemblablement revoir son jugement en cours d'année.

Eh bien non. Dans l'ensemble, les notes demeurent convenables. Nous n'en revenons pas et demeurons perplexes devant ses cahiers. Son écriture ne respecte pas les lignes, les mots sont truffés de fautes, écrits phonétiquement, coupés au milieu d'une syllabe, ou tous attachés. Régulièrement nous faisons le point avec l'instituteur ; ses remarques sont toujours apaisantes, il reste confiant.

Introspection

Parallèlement, depuis plusieurs mois, sur les recommandations de l'école, tous les mercredis, notre bonhomme accompagné de la maman - qui heureusement travaille à 80 % - se rend à ses séances de suivi en psychothérapie. Il converse de choses et d'autres, fait des dessins. Le papa est convoqué épisodiquement pour un point d'étape familial. Nous devinons que nous sommes embarqués dans une longue démarche. Nous tiendrons plus de deux ans.

Bilan illogique mais, trop pessimiste

En cours d'année, le bilan effectué par l'orthophoniste est incohérent. Elle décide alors d'alerter le CMPP et demande par courrier le diagnostic d'un neuropédiatre. La lettre est jugée trop alarmiste et sera classée sans suite par le centre. Par honnêteté, n'arrivant pas à obtenir de résultats, l'orthophoniste décide alors d'arrêter la rééducation à la prochaine rentrée scolaire.

A cette époque, nous le vivons comme un abandon. Pourtant son approche était celle qui s'avérait le mieux adaptée à notre enfant. Si elle avait été entendue, nous aurions gagné dix-huit mois sur la reconnaissance officielle de sa dyslexie. En attendant, nous nous retrouvons quelque peu démunis.

Un parcours plus serein

Dans cette classe de CE1, effectivement notre enfant suivra son rythme dans une relative tranquillité. Nous analyserons tardivement, qu'il avait également été mis un peu de côté. Quoi qu'il en soit, notre fils garde un bon souvenir de cette paisible période, tout comme le reste de la famille d'ailleurs.

Il fut opportun de pouvoir recharger ses accus, car l'année suivante ne sera pas de même nature.


ANECDOTES

Echecs

Aux ateliers bleus, si le plus jeune fait du karaté, son frère a préféré choisir les échecs. Les disciplines sélectionnées correspondent assez bien à leur tempérament.

Les échecs réclament attention, mémoire, analyse, repérage dans l'espace…, et notre grand prend beaucoup de plaisir dans la découverte de ce jeu. Il gagne même une petite coupe lors d'une compétition locale de fin d'année. Hélas, deux ans plus tard, la section échecs est supprimée. Il rejoindra son frère au karaté

A la maison, un jeu électronique lui permet de continuer à pratiquer. Mais sans véritable adversaire, le papa ne trouvant pas le temps de jouer avec lui, il délaisse progressivement l'échiquier.


Une dictée ? Sauve qui peut !

En cours d'année, la jeune orthophoniste qui suit l'aîné et avec laquelle les séances se passent fort bien, veut lui faire faire une dictée.

Face à ce qu'il perçoit comme une menace et probablement une traîtrise, il plonge illico sous la table et refuse d'en sortir.

A la fin de la vacation, nous retrouvons la jeune femme rouge de contrariété et notre petit obstinément réfugié sous la table dans un grand mutisme.

Si cet épisode nous faisait sourire, il nous donnait également la mesure de son appréhension face à ce banal exercice scolaire.


Psychothérapie du vagabond

A la maison, lors de ses devoirs, dans les moments tendus ou de découragements, notre bambin utilise certaines formules de son cru.

Parmi ceux de son registre, après « c'est fini pour moi » « je vais changer de parents » « n'importe comment, je sais que je suis nul », une revenait de temps à autre : « mon futur métier sera clochard ».

La psychothérapeute, prenant très au sérieux cette dépréciation, décide de lui faire passer des tests.

Résultat : aucun retard mental, notre enfant devrait même être très bon en mathématiques.

Cette officialisation d'absence de retard mental ne nous étonna pas. Mais face aux dubitatifs, elle eut au moins la vertu d'écarter cette hypothèse.

Pour ses aptitudes en maths, nous attendons encore la concrétisation de cette évaluation, même s'il est vrai qu'il se sent plus à l'aise avec cette matière.



dessin dys moi toutSI C'ETAIT A REFAIRE

Nous ne connaissions pas les classes CLIS 1 (Classe d'Inclusion Scolaire) pour les enfants souffrant de dyslexie sévère. Nous nous rendons compte qu'un apprentissage en douceur aurait beaucoup aidé le petit dernier. A aucun moment, les enseignants nous ont orientés vers ce type d'enseignement, ni même le médecin scolaire. Souvent, nous avons pris connaissance avec retard des possibilités existantes pour aider nos enfants. Il serait primordial de mettre à la disposition des parents, pour les guider, chez les médecins, les orthophonistes, la plaquette de l'INPES sur les troubles dys.

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