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Primaire : CM1

Bonne année pour l'un

L'orthophoniste avait raison, notre grand commence à aimer lire seul et s'amuse avec le "prince des mots tordus" puis, il découvre Harry Potter.
Résoudre les problèmes n'est toujours pas simple pour lui. Il n'arrive pas à trouver dans l'énoncé les éléments de la réponse. Une dictée préparée est couronnée de succès, une dictée surprise et, c'est l'échec. Son vocabulaire reste pauvre malgré de nombreuses lectures. Il n'utilise pas les mots qu'il découvre.

Il est d'une grande curiosité, se passionne pour la mythologie grecque, devient incollable et insatiable sur le sujet. Sa scolarité se déroule plutôt bien. L'enseignante de cette année valorise et captive les enfants. Elle est positive, drôle. Notre enfant est conquis par elle, tout comme nous d'ailleurs.

Plus difficile pour l'autre

Pour le petit dernier, le CE2 s'est terminé dans l'incompréhension. Nous avons donc souhaité commencer l'année avec l'institutrice du CM1 sur un véritable échange en sollicitant un rendez-vous dès fin septembre.

Lors de l'entretien, nous tentons d'expliquer sobrement la particularité de notre enfant. Il s'implique dans sa scolarité, malgré les apparences. Nous le faisons travailler tous les soirs et les week-ends sur ses leçons. Hélas, à cause de sa dyslexie, la restitution en classe n'est pas toujours le reflet de son investissement. Elle nous rétorque lapidaire : « Et, vous allez me dire que votre enfant est merveilleux ! ».

Nous souhaitions mettre en place un échange. A priori, c'est raté.

Dialogues de sourds

Rapidement le ton est tendu. Elle nous rappelle que l'équipe pédagogique est unanime : chez notre enfant, tout est psychologique. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas entendu cette théorie ! Comme pour clore ce rendez-vous, elle nous apprend que de toute manière, il ne redoublera pas, afin de ne pas lui faire perdre confiance en lui. Nous n'étions pas venus avec cette inquiétude. Nous ne nous projetions pas aussi si loin.

Forts de la nouvelle orthophoniste avec laquelle notre enfant travaille, nous persistons dans notre démarche. Nous proposons même à l'enseignante un échange avec cette dernière et lui donnons sa carte professionnelle.

Nous abordons une nouvelle fois le sujet de la dyslexie. L'institutrice se crispe davantage et se montre particulièrement irascible. Le dialogue ne s'établit pas. Nous quittons le rendez-vous décontenancés.

Réfractaire et obstinée

Peu de temps après, l'orthophoniste tente de nous aider en appelant l'enseignante qui, campée sur ses convictions, se montre tout aussi agressive. Devant cette forteresse de certitudes, nous tentons de chercher le « sésame » pour convaincre et permettre à l'enfant d'être reconnu pour ce qu'il est.

Piste du sésame

C'est au hasard d'une conversation qu'un de nos proches recueille ce conseil : prendre rendez-vous dans un centre référent des troubles de l'apprentissage pour une évaluation de l'enfant. Démarche que nous entreprenons aussitôt. En novembre, nous rencontrons tout d'abord l'orthophoniste rattachée à l'hôpital. Avant la fin du bilan, elle décide de nous mettre en contact avec toute l'équipe.

Dès février, notre enfant sera scolarisé pendant trois jours dans ce service afin de mieux évaluer ses problèmes. Il fera également un bilan psychomoteur, rencontrera une psychologue et un neuropédiatre. Nous nous rendrons à l'Hôtel Dieu dans le service d'ophtalmologie pédiatrique pour un bilan complet effectué par l'équipe des orthoptistes.

Tous ces bilans prennent du temps. Ce n'est qu'en fin d'année scolaire que débute la rééducation en psychomotricité. Fin mai, les préconisations de l'enseignante du centre référent nous parviennent. Durant ces mois passés, nous avons pris notre mal en patience et donné des cours de soutien à notre dys pour éviter un décrochage trop important.

L'assistant-social de l'hôpital nous aide à constituer le dossier pour la Maison du Handicap afin qu'elle puisse évaluer l'ensemble des bilans et le certificat médical du neuropédiatre. Il nous communique aussi les coordonnées de l'enseignant référent dont l'aide est précieuse et apaisante.

Un rapport est envoyé par le neuropédiatre au médecin scolaire.

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Le sésame

A la fin de l'été, la MDPH nous fait parvenir sa notification. Cette reconnaissance va transformer nos rapports avec le monde enseignant. Il était temps. Entre la dyslexie décelée et celle reconnue officiellement, il nous aura fallu quatre ans.

Nous pouvons enfin espérer que l'année prochaine sera autre.

ANECDOTES
Harry Potter

Notre ogre a dévoré toute la collection. Un livre de huit cents pages est terminé en quelques jours.

Dans l'attente du prochain tome, il peut relire jusqu'à dix fois les premiers livres de la collection. Il en a été ainsi pour tous les ouvrages qu'il a adorés.

Devant notre étonnement, il nous rétorque qu'il découvre à chaque relecture des détails de l'histoire qui lui avaient échappé. Il admet connaître par cœur les recettes des potions magiques et des divers sortilèges du jeune sorcier.


LA "PSYLEXIE"
Hermétique

Avec l'institutrice du benjamin, la communication fut inexistante.

Nous avons été dans l'incapacité de dialoguer sur quoique ce soit, seul le « problème psy » de notre fils pouvait être à l'ordre du jour. Pour cette charmante personne, la dyslexie devait probablement être le subterfuge parental des élèves à la peine.

A chacune de nos démarches auprès des enseignants, nous ressentions de l'incompréhension et avions le sentiment de vouloir solliciter du favoritisme ou une notation spécifique pour notre enfant.


RECONNAISSANCE
Notre démarche

Nous avons effectué une recherche sur internet pour trouver les adresses des "centres référents" parisiens.

Nous les avons tous contactés. L'un d'entre eux, en déménagement, n'était pas disponible. Un autre demandait l'envoi d'un dossier avant de décider en réunion d'un rendez-vous.

Enfin, à l'hôpital Trousseau, nous avons pu avoir un premier rendez-vous rapidement. Nous avons découvert un service des troubles de l'apprentissage compétent, accessible et agréable.

Il faut s'armer de patience car les délais sont longs. De surcroit, des centres de référence ont été fermés, dont celui de l'hôpital Trousseau.

Liens INPES :
- Informations sur les centres de références.
- Les centres de référeces par région.
- Associations, textes officiels...


dessin dys moi toutSI C'ETAIT A REFAIRE

Comme nous l'avions préalablement expliqué, nous aurions dû effectuer les démarches auprès de la MDPH plus tôt, dès l'alerte de la première orthophoniste (CE1).

Cela nous aurait permis de mettre en place certains dispositifs plus rapidement et également d'obtenir une meilleure crédibilité auprès du corps enseignant. Celui-ci n'avait de cesse que nous nous adressions à des psychologues – oubliant au passage l'impact de certains de leurs comportements auprès des enfants dyslexiques.

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