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Primaire : CM2

Lentement, mais sûrement

En CM2, notre grand connaît toujours les mêmes difficultés avec les dictées et certains problèmes de mathématiques. Il reste lent, très lent. Comme il se maintient à un niveau assez bon, nous pensons que nous faisons ce qui est nécessaire. Nous orientons notre énergie et notre temps en priorité vers son petit frère. En début d'année, notre aîné change de cabinet de rééducation pour poursuivre ses séances avec l'orthophoniste du benjamin.

Changement de ton

Nous abordons le CM2 avec le plus jeune, enfin rassurés : tous les bilans effectués dans le centre référent nous ont été envoyés ; notre dossier est à l'étude à la Maison du Handicap ; nous avons le contact de l'enseignant référent.

A l'école, cette année, un nouveau directeur et une nouvelle enseignante sont arrivés. Nous les rencontrons, mais nous réalisons rapidement que nous portons définitivement l'étiquette de parents inquiets. Cependant, le ton change dès que nous mentionnons notre dossier déposé à la Maison du Handicap. Cette démarche officielle va enfin nous permettre d’obtenir une écoute qui s’était progressivement détériorée pour devenir inexistante au fil du temps.

Miracle

Nous obtenons un rendez-vous pour mettre en place un Plan Personnalisé de Scolarisation (PPS). Durant la première réunion, nous avons l'impression d'assister à un miracle. L'ensemble des participants envisagent de nombreuses solutions pour aider notre enfant. Une enseignante spécialisée s'est même déplacée et a observé notre enfant en classe. Il est question d'ordinateur, d'ergothérapie, de photocopie de cours, d'Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS)…

Lors de cette réunion, l'orthophoniste fait part de son étonnement et de son irritation : un an auparavant, quand elle avait appelé l'institutrice du CM1, il s'agissait bien du même enfant avec les mêmes difficultés. Pourtant, elle avait dû essuyer un refus de coopération.

Un peu gêné le directeur de l'école lui avoue que notre dossier à la maison du handicap engendre obligatoirement des aménagements et des aides scolaires. La loi était là avec toute sa force.

Ainsi, au cours de l'année scolaire, nous rencontrerons à plusieurs reprises l'équipe pédagogique. Nous étudierons les aménagements à mettre en place pour les tests de CM2, quel collège choisir pour l'année de sixième. La recherche d'un établissement capable de recevoir des enfants sévèrement dyslexiques doit débuter avant la fin du premier trimestre du CM2. Les professionnels du centre référent de l'hôpital vont nous conseiller le choix une classe ULIS. L'équipe pédagogique de l'école primaire hésite et ne pense pas que notre enfant, qui souhaite tant être « comme les autres », l'accepterait.

Grâce à des recommandations de parents, nous découvrons un établissement privé qui, depuis des années, a ouvert une classe de sixième et de cinquième pour enfants dyslexiques. Les effectifs sont réduits, les enseignants formés. Notre enfant passe un entretien. Sa candidature est sur liste d'attente. Nous aurons une réponse définitive et positive à la fin du deuxième trimestre.

Que d'interrogations

Faire la démarche d'une reconnaissance à la Maison du Handicap n'est pas facile. Intérieurement, des questions nous taraudent : n'exagérons-nous pas ; n'allons-nous pas mettre notre enfant sur une voie de garage en le différenciant des autres ; en croyant bien agir, n'allons-nous pas lui porter préjudice ; ne lui mettons-nous pas une "casserole" en lui collant cette étiquette ; sommes-nous bien légitimes...

Face à cette démarche, les médecins et les orthophonistes libéraux ont les mêmes réticences.
Il n'est pas aisé de prendre cette décision.

DEMARCHES
Détection

Il est désolant qu'il faille effectuer autant de démarches pour qu'enfin l'éducation nationale accepte de prendre en compte la particularité des enfants dys.

Fort de leur métier et de leur expérience, ne seraient-ce pas aux enseignants de détecter, d'accompagner, de conseiller enfants et parents et non l'inverse ?

Certes, la dyslexie est une invalidité invisible. Elle ne s'impose pas à nous avec évidence. Nous devons faire abstraction du fameux « voir pour le croire », mais la réfuter ou l'ignorer et contraindre certains parents à entreprendre des démarches longues pour se faire entendre est une charge supplémentaire.


dessin dys moi toutSI C'ETAIT A REFAIRE

Avec le recul, nous ne pouvons qu'encourager les parents d'enfants dyslexiques à aller dans les centres référents. Et, si le diagnostic est confirmé, à constituer un dossier pour la Maison du Handicap. L'enfant sera davantage soutenu et les parents mieux entendus.

Cette démarche apporte une aide importante. Certes, les problèmes dys de l'enfant demeurent et les difficultés sont loin d'être résolus, mais cette reconnaissance apporte légitimité, crédibilité et une partie des frais de rééducations spécifiques comme l'ergothérapie est prise en charge.

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